Malgré la pandémie, les tensions géopolitiques et l'urgence climatique, jamais le carnet de commandes d’Airbus n’a été aussi bien garni. L’avionneur européen est en passe de franchir le cap historique des 8 000 appareils commandés. Quel autre industriel peut s’en enorgueillir : cette demande de la part des compagnies aériennes représente plus de 11 ans de production, au rythme actuel de livraisons.
Dans le détail, le carnet de commandes d’Airbus s’élevait fin septembre à 7 992 appareils. Depuis, l’avionneur a engrangé une commande de 50 A350 de la part d’Air France et est en passe de conclure un accord avec la compagnie low-cost EasyJet pour 157 appareils. S’il existe toujours un décalage entre l’annonce d’un contrat et sa prise en compte administrative effective, ces commandes vont vite contribuer au franchissement du seuil des 8 000 avions qui devrait sans doute intervenir dans le courant de l’automne.
L'Airbus A320, star des commandes
Ce niveau n’a jamais été atteint en fin d’année par Airbus. Pour rappel, le carnet de commandes des avionneurs fluctue chaque mois, correspondant à la différence entre les avions commandés et ceux livrés. A la fin des années 2010, au plus fort de la production du groupe, Airbus faisait état pour l’année 2018 d’un carnet de commandes de 7 577 appareils et pour 2019 de 7 482 avions.
La performance commerciale d’Airbus s’appuie avant tout sur le succès de la famille de monocouloirs : les A320neo représentent 6 734 appareils commandés, dont 4 269 pour l’A321neo de plus grande capacité. Le gros porteur de l’avionneur, l’A350, cumule quant à lui 450 commandes à honorer, l’A330 un total de 230 commandes et l’A220, plus petit modèle de la gamme d’appareils d’Airbus, 519 commandes. Il reste par ailleurs à l’industriel à livrer quelques A320 d’ancienne génération.

- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 95.92+1.23
9 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
Le carnet de commandes de Boeing au beau fixe
Airbus n’est pas le seul à bénéficier de cette dynamique commerciale. Le carnet de commandes de son rival américain connaît lui aussi, mais dans une moindre mesure, un regain de forme. En septembre, Boeing totalisait 5 172 commandes enregistrées, contre 4 971 le mois précédent. C’est la première fois que le géant américain dépasse le seuil des 5 000 appareils depuis décembre 2019. Comme pour Airbus, c’est le monocouloir qui rafle la mise : le 737 MAX représente 4 031 commandes, contre 104 pour le B767, 371 pour le B777 et 666 pour le B787.
Le niveau atteint par le carnet de commandes de Boeing n’est en revanche pas inédit. L’avionneur américain est davantage en train de regagner du terrain perdu. Fin 2018, son carnet de commandes comprenait un total de 5 951 avions. Il a frôlé les 6 000 appareils durant toute la seconde moitié de la décennie 2010, avant de diminuer fortement suite au deuxième crash du 737 MAX, début 2019.
Un trafic aérien en pleine reprise
Ces carnets de commandes plein à ras bord reflètent la reprise du trafic aérien, qui est globalement revenu à son niveau d’avant-crise dans le monde entier. La demande est en particulier portée par des régions comme l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique du Nord. La croissance du trafic aérien devrait frôler les 4% par an pour les 20 prochaines années. Cette avalanche de commandes démontre aussi l’appétence des compagnies aériennes pour renouveler leurs flottes avec des appareils de nouvelle génération, permettant de réduire les émissions de CO2 avec des gains attendus de 20 à 30%.
Ces commandes engrangées, les deux avionneurs vont devoir les honorer. Et le plus vite possible, pour ne pas trop faire patienter les compagnies aériennes. Le tassement des livraisons depuis 2020 a aussi contribué à gonfler les carnet de commandes d'Airbus et de Boeing. D’où l’ambition de l'avionneur européen de faire passer les cadences de production de l’A320 de 45 à 75 en 2026, et du groupe américain d’atteindre le seuil de 50 B737 par mois à l’horizon 2025/2026. Or jamais la chaîne de fournisseurs n’avait été confrontée à autant d’obstacle sur sa route : pénurie de main d’œuvres, inflation généralisée, rareté des matières premières… Les sous-traitants vont être mis sous tension dans les prochaines années.



