La chute a été brutale mais la remontée promet aussi d’être raide. Alors que le transport aérien reste largement freiné par la pandémie mondiale, Airbus a dévoilé jeudi 27 mai un calendrier industriel qui étonne par son optimisme. L’avionneur européen justifie ces prévisions de cadences par une reprise attendue du trafic aérien au niveau d’avant-crise entre 2023 et 2025, qui bénéficieront en premier lieu aux monocouloirs. Dès 2023, Airbus pourrait ainsi produire davantage de monocouloirs qu’il n’en livrait avant l’apparition du Covid-19 ayant provoqué une chute de production de 40%.
Programme phare d’Airbus qui nourrit à lui seul une grande partie de la filière aéronautique, l’A320 et ses différentes versions est en première ligne. Avant-crise, Airbus en produisait 60 par mois. Comme annoncé fin janvier, les cadences vont s’établir à 45 avions par mois au quatrième trimestre 2021, contre 40 au début de cette année. Mais l’avionneur donne dorénavant une plus grande visibilité à ses fournisseurs : il mise sur un niveau de 64 appareils par mois au deuxième trimestre 2023 et anticipe même un scénario à 70 appareils par mois au premier trimestre 2024.
La France peut se frotter les mains
"À plus long terme, Airbus étudie des opportunités de cadences allant jusqu'à 75 avions par mois d’ici à 2025", annonce même l’avionneur dans son communiqué. C’est la première fois qu’Airbus évoque officiellement un tel niveau pour son monocouloir. Il représenterait un total de livraisons d'A320 compris entre 800 et 900 appareils sur un an, contre 642 en 2019, pic historique pour l'avionneur. Officiellement, fin avril, Airbus devait encore honorer 5 693 commandes d’A320, pour une bonne part constituée d’A321neo.

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L’industriel va donc pouvoir faire tourner à plein régime ses lignes d’assemblage final à Toulouse et Hambourg (Allemagne), mais aussi à Mobile (Etats-Unis) et Tianjin (Chine). Avec la nouvelle ligne d’assemblage ultra moderne dédiée à l’A321, qui va voir le jour à Toulouse fin 2022, la France va bénéficier à plein de cette reprise des cadences.
Les fournisseurs vont devoir tenir le rythme
Autre programme qui bénéficie de ce nouvel élan industriel : l’A220, assemblé à Mirabel (Canada) et Mobile (Etats-Unis). Alors que le niveau des cadences est aujourd’hui d’environ 5 appareils par mois, Airbus confirme l’objectif d’atteindre un niveau de 6 appareils par mois début 2022. L’avionneur envisage également une cadence de 14 appareils par mois « dans le milieu de la décennie ». Le programme cumulait fin avril 649 commandes, dont 559 pour l’A220-300. Airbus doit encore en livrer près de 500 exemplaires.
Sans surprise, les long-courriers ne sont en revanche pas à la fête. Airbus table toujours sur une cadence de 6 appareils par mois à l’automne 2022 pour l’A350, contre 5 appareils par mois aujourd’hui. Quant à l’A330, le niveau atteint aujourd’hui, de 2 avions par mois, reste pour le moment inchangé.
Ces annonces d’Airbus constituent une excellente nouvelle pour la chaîne d’approvisionnement qui souffre depuis un peu plus d’un an de la chute abrupte et durable du trafic aérien pour cause de pandémie mondiale. Entre réduction des effectifs et baisse d’investissements, les fournisseurs connaissent une période de disette. Tout l’enjeu pour ces acteurs va être de parvenir à tenir l’ambitieux calendrier d’Airbus malgré l’actuel trou d’air.



