Soulagement dans les rangs d’Airbus. L’avionneur devrait annoncer dans les prochaines semaines l’absence de départs contraints en France dans le cadre de son plan de réduction des effectifs, selon plusieurs sources syndicales. Airbus avait dévoilé en juin dernier un plan visant à réduire 4248 postes dans l’Hexagone, sur un effectif total de 28 679 salariés. Une réduction de voilure qui s’inscrit dans un plan touchant au total quelque 15 000 postes dans le monde.
Pour rappel, le plan prévoyait la suppression de 484 postes à Nantes (Loire-Atlantique) et 386 postes à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Mais c’est le fief de Toulouse (Haute-Garonne) qui, sans surprise, payait le plus lourd tribut à ce serrage de ceinture, avec 3378 postes supprimés (sur un effectif local de 23 039 personnes avant crise). Cette réduction de postes s’explique par la baisse prononcée et durable d’activité au sein de l’avionneur, comme en témoigne la chute de 34% des livraisons d’avions l’an dernier.
Le groupe joue la prudence
"Le plan sera achevé et nous parviendrons à notre objectif du zéro licenciement contraint", assure Jean-François Knepper, délégué central Force Ouvrière chez Airbus. Alors que ce résultat avait été obtenu assez rapidement à Nantes et Saint-Nazaire, il vient d’être confirmé très récemment en interne pour le site de production toulousain concentrant à lui seul 2398 suppressions de postes. Il reste malgré tout plusieurs dizaines de cas à régler au niveau du siège, à Blagnac (Haute-Garonne), où 980 postes doivent être supprimés.

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"Notre accord prévoit deux points d’étapes mi-février et fin mars dans le but de trouver les solutions qui permettront de régler les derniers postes à traiter au niveau de certaines activités rattachées au siège d'Airbus", précise Jean-François Knepper. Sollicité, le groupe reste prudent au vu des cas qu'il reste à gérer et n’a pas prévu à ce stade de date pour effectuer une annonce officielle. Il attendra sans aucun doute la fin des négociations pour communiquer.
Plusieurs leviers actionnés
Comment Airbus est-il parvenu à éviter des licenciements secs ? D’abord grâce aux aides de l’Etat. Le dispositif d’Activité partielle de longue durée (APLD) a permis de maintenir précisément 1502 postes. Quant au fonds Corac de 1,5 milliard d’euros sur 3 ans, dédié à l’aviation décarbonée, il va permettre de sauvegarder plus de 600 emplois pour l’essentiel liés à l’ingénierie. Deux dispositifs qui sauvent à eux seuls la moitié des postes supprimés.
L’autre moitié est le fruit d’âpres négociations menées ces derniers mois entre la direction du groupe et les organisations syndicales. Pas moins de 9 accords ont été signés en 10 mois. Au final, environ 600 salariés vont partir volontairement pour porter des projets d’entreprenariat et de reconversion professionnelle, allant du consulting à la naturopathie, en passant par l’agriculture bio. Pour le reste, soit environ 1500 personnes, il s’agit pour l'essentiel de départs en préretraite.
Des situations plus complexes chez les sous-traitants
Le plan prévoit des aides à la formation pour les départs volontaires à hauteur de 7000 euros ainsi que des aides supplémentaires dont les montants varient suivant l’ancienneté pour les départs anticipés, d'après les organisations syndicales. Les demandes de départs volontaires ont d’ailleurs été à ce point sollicitées à Nantes et Saint-Nazaire que certains salariés se sont vu refuser leurs demandes de départs. Elles pourraient être acceptées si des salariés de Toulouse acceptaient le transfert vers ces sites.
Si l’issue du plan de réduction des effectifs chez Airbus limite en France la casse sociale, il ne reflète pas la situation dans le reste de la chaîne d’approvisionnement du groupe. Plusieurs sous-traitants ayant actionné ces derniers mois un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), tels que Latécoère, AAA ou bien encore Mecachrome, vont sans doute être amenés à procéder à des licenciements secs. Les départs contraints devraient donc se multiplier dans le secteur aéronautique dans le courant de l’année 2021 et réduire les effectifs d’une filière comprenant quelque 200 000 emplois.



