Parmi les premiers à réagir, Daher est l’un des premiers à rebondir. Un an et demi après l’annonce de son plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), l’équipementier aéronautique et avionneur – par ailleurs présent dans le nucléaire et la logistique – a présenté mercredi 2 février un bilan qui pourrait faire des envieux dans la filière. Entre un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros en 2021, stable par rapport à 2020 et proche de celui de 2019 (1,2 milliard d’euros), et un retour à l’équilibre opérationnel un an plus tôt que prévu, Daher fait montre d’une étonnante capacité de rebond malgré la crise.
Preuve de ce retour de forme : malgré la crise, Daher poursuit sa conquête de l’Amérique, entamée dans les années 90 et qui s’est accélérée ces dernières années. Après l’inauguration d’une usine au Mexique en 2017, à Nogales, et le rachat de Quest – fabricant du Kodiak – en 2019, le groupe vient d’annoncer l’acquisition d’une unité de production basée en Floride détenue par l’américain Triumph. Le montant de l’opération n’a pas été précisé.
800 recrutements en France
Cette usine de 400 personnes est spécialisée dans l’assemblage d’aérostructures métalliques, notamment pour Boeing et Gulfstream. Elle représente un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros. L’ambition de réduire la dépendance au marché européen se concrétise. « Avec cette opération qui doit être conclue à l’été, l’Amérique du Nord va représenter 40% de notre chiffre d’affaires », se félicite Didier Kayat, directeur général du groupe.

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Rebond oblige, le groupe est reparti comme les autres acteurs de l’aéronautique à la chasse aux talents. Daher compte recruter 1 000 personnes dans le monde en 2022, dont 800 en France, pour un effectif actuel 9 500 collaborateurs. Il s’agit pour l’essentiel de postes en production. « Il y aura par ailleurs 150 contrats d’alternance et d’apprentissage », précise Jérôme Leparoux, secrétaire général et directeur des ressources humaines. Un niveau supérieur à celui de 2019 : cette année-là, Daher avait effectué 729 recrutements.
Un PGE en partie remboursé
Daher récolte les fruits de sa réactivité. Le groupe avait lancé dès juin 2020 un plan choc pour faire face à la crise, entre réduction d’effectifs et de périmètre. « En temps de crise, je suis persuadé que ce n’est pas forcément les plus gros qui gagnent, mais ceux qui sont les plus rapides », soutient Didier Kayat. Le PSE, qui menaçait initialement 1 261 postes, se limite à 500 suppressions de postes, dont 130 départs contraints, pour lesquels des solutions devraient être trouvées dans une majorité des cas.
Quant au prêt garanti par l’Etat de 170 millions d’euros, le groupe en a déjà remboursé 60 millions d’euros en juin dernier. Dans le même temps, Daher a procédé à deux cessions : son site de Saint Julien de Chédon (Loir-et-Cher), repris par Centrair en début d’année, ainsi que ses activités nucléaires en Allemagne et en Amérique du Nord pour se concentrer sur celles en France, plus prometteuses.
L'innovation n'est pas sacrifiée
Les boulons resserrés, le groupe profite à plein du retour à la croissance dans l’aéronautique, alors que le secteur représente 80% de son chiffre d’affaires. Une dynamique imputable d’abord à la bonne santé de l’aviation générale. Daher a livré 68 appareils en 2021, en comptant les TBM et les Kodiak, contre 53 en 2020, et mise sur 85 livraisons en 2022.
Mais Daher surfe aussi sur la dynamique industrielle impulsée par Airbus, en particulier sur l’A320. L’avionneur représente à lui seul un quart du chiffre d’affaires de Daher. « Nous sommes confiants, assure Didier Kayat. Le marché reprend très vite pour les courts et moyen-courriers et reprendra pour les long-courriers entre 2024 et 2025, l’enjeu étant surtout de suivre les montées en cadence. » En outre, le groupe a pu compter en 2021 sur ses activités de services, générant 50% de son chiffre d’affaires, comme avec Bombardier au Canada et Alstom en Allemagne.
Grâce à cette bonne santé, Daher maintien ses efforts côté innovation. En septembre 2021, le groupe a annoncé le lancement de trois centres d’innovation, dont chacun est dédié à un métier. Il va s’atteler à les mettre en œuvre : Shape’in (aérostructures) sera opérationnel à Nantes (Loire-Atlantique) d’ici à fin 2022, Log’in le sera à Toulouse (Haute-Garonne) au printemps 2002 et Fly’in (construction d’avions) à Tarbes (Hautes-Pyrénées) fin 2022. Quant au démonstrateur d’avion hybride EcoPulse, développé avec Airbus et Safran, le premier vol devrait être effectué fin 2022.



